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		<title><![CDATA[Sonett-Forum - Vermenouze, Arsène]]></title>
		<link>https://sonett-forum.de/</link>
		<description><![CDATA[Sonett-Forum - https://sonett-forum.de]]></description>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 22:25:31 +0000</pubDate>
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		<item>
			<title><![CDATA[Le Grand-Duc]]></title>
			<link>https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6521</link>
			<pubDate>Sun, 25 May 2008 14:29:08 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://sonett-forum.de/member.php?action=profile&uid=1">ZaunköniG</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6521</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Le Grand-Duc</span><br />
<br />
L'air a deux souverains, deux maîtres: l'aigle et lui.<br />
L'aigle est l'Imperator de l'espace diurne;<br />
Lui, c'est le roi crépusculaire et taciturne,<br />
Sur qui toute clarté verse un farouche ennui.<br />
<br />
Il est le flibustier de l'ombre; il est celui<br />
Qui se rue à travers l'immensite nocturne,<br />
Sitôt qu'à l'horizon enténébré, Saturne,<br />
De sa lueur d'or rouge, ensanglante la nuit.<br />
<br />
Ogre des oisillons, qu'il guette et qu'il dénombre,<br />
Il les cueille un à un, sous le feuillage sombre,<br />
Avec son large bec recourbé comme un croc.<br />
<br />
Et, de même qu'au port retournent les corsaires,<br />
Dès l'aube, ayant encor de la chair dans ses serres,<br />
Il cingle vers son antre, au flanc de quelque roc.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Le Grand-Duc</span><br />
<br />
L'air a deux souverains, deux maîtres: l'aigle et lui.<br />
L'aigle est l'Imperator de l'espace diurne;<br />
Lui, c'est le roi crépusculaire et taciturne,<br />
Sur qui toute clarté verse un farouche ennui.<br />
<br />
Il est le flibustier de l'ombre; il est celui<br />
Qui se rue à travers l'immensite nocturne,<br />
Sitôt qu'à l'horizon enténébré, Saturne,<br />
De sa lueur d'or rouge, ensanglante la nuit.<br />
<br />
Ogre des oisillons, qu'il guette et qu'il dénombre,<br />
Il les cueille un à un, sous le feuillage sombre,<br />
Avec son large bec recourbé comme un croc.<br />
<br />
Et, de même qu'au port retournent les corsaires,<br />
Dès l'aube, ayant encor de la chair dans ses serres,<br />
Il cingle vers son antre, au flanc de quelque roc.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Crépuscule]]></title>
			<link>https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6520</link>
			<pubDate>Sun, 25 May 2008 09:42:34 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://sonett-forum.de/member.php?action=profile&uid=1">ZaunköniG</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6520</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Crépuscule</span><br />
<br />
Le soleil s'est couché, la-bas, vers l'Occident.<br />
Il a sombré parmi des braises rutilantes.<br />
Le ciel semble troué de blessures sanglantes;<br />
Et la lune surgit, pleine et d'un rouge ardent.<br />
<br />
Après tout un grand jour de chaleurs accablantes,<br />
Je rentre, le carnier sur la hanche pendant,<br />
Le fusil en verrouil, grisé d'air, cependant<br />
Que montent, du sol, des exhalaisons troublantes:<br />
<br />
Senteurs de foins coupés, de sillons frais ouverts,<br />
De landes, de genêts et de feuillages verts.<br />
la rainette coasse. Une étoile s'allume.<br />
<br />
Une chaumière fume ainsi qu'un encensoir,<br />
Et j'entends, dans la paix et le calme du soir,<br />
Un forgeron qui frappe, au loin, sur une enclume.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Crépuscule</span><br />
<br />
Le soleil s'est couché, la-bas, vers l'Occident.<br />
Il a sombré parmi des braises rutilantes.<br />
Le ciel semble troué de blessures sanglantes;<br />
Et la lune surgit, pleine et d'un rouge ardent.<br />
<br />
Après tout un grand jour de chaleurs accablantes,<br />
Je rentre, le carnier sur la hanche pendant,<br />
Le fusil en verrouil, grisé d'air, cependant<br />
Que montent, du sol, des exhalaisons troublantes:<br />
<br />
Senteurs de foins coupés, de sillons frais ouverts,<br />
De landes, de genêts et de feuillages verts.<br />
la rainette coasse. Une étoile s'allume.<br />
<br />
Une chaumière fume ainsi qu'un encensoir,<br />
Et j'entends, dans la paix et le calme du soir,<br />
Un forgeron qui frappe, au loin, sur une enclume.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Panique]]></title>
			<link>https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6519</link>
			<pubDate>Sun, 25 May 2008 09:34:57 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://sonett-forum.de/member.php?action=profile&uid=1">ZaunköniG</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6519</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Panique</span><br />
<br />
La volaille picore au milieu du fumier,<br />
D'où suintent des purins couleur d'or et de bistre.<br />
Or, tout à coup, du ciel, dévale un cri sinistre,<br />
Et tel que le vieux coq à la crête en cimier,<br />
<br />
Le vieux coq de la ferme, en tremble le premier.<br />
Un dindon gros et lourd, aux allures de cuistre,<br />
Et qui n'en plastronnait pas moins comme un ministre,<br />
En a gagné du coup les branches d'un pommier.<br />
<br />
Tous regardent, en haut, quelque chose qui bouge,<br />
Un point noir, qui devient bienôt un oiseau gris.<br />
La volaille, à son tour, pousse d'enormes cris:<br />
<br />
Tels des bourgeois voyant paraître un drapeau rouge...<br />
Car elle a reconnu, tout au fond du ciel clair,<br />
Le grand milan royal, l'anarchiste le l'air.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Panique</span><br />
<br />
La volaille picore au milieu du fumier,<br />
D'où suintent des purins couleur d'or et de bistre.<br />
Or, tout à coup, du ciel, dévale un cri sinistre,<br />
Et tel que le vieux coq à la crête en cimier,<br />
<br />
Le vieux coq de la ferme, en tremble le premier.<br />
Un dindon gros et lourd, aux allures de cuistre,<br />
Et qui n'en plastronnait pas moins comme un ministre,<br />
En a gagné du coup les branches d'un pommier.<br />
<br />
Tous regardent, en haut, quelque chose qui bouge,<br />
Un point noir, qui devient bienôt un oiseau gris.<br />
La volaille, à son tour, pousse d'enormes cris:<br />
<br />
Tels des bourgeois voyant paraître un drapeau rouge...<br />
Car elle a reconnu, tout au fond du ciel clair,<br />
Le grand milan royal, l'anarchiste le l'air.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Le Fagot]]></title>
			<link>https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6518</link>
			<pubDate>Sun, 25 May 2008 09:26:49 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://sonett-forum.de/member.php?action=profile&uid=1">ZaunköniG</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6518</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Le Fagot</span><br />
<br />
Après avoir cueilli, dans le bois, fraise et mûre,<br />
Margot, la mère-grand s'attelle à son fagot;<br />
Car, la pauvre, n'ayant ni terre ni magot,<br />
Vit d'un labeur pènible, accepté sans murmure.<br />
<br />
Elle a d'ailleurs sa foi chrétienne pour armure,<br />
Et beaucoup de vaillance au cœur, maman Margot;<br />
Et, telle que, sous sa coquille, un escargot,<br />
Elle semble ramper sous son tas de ramure.<br />
<br />
Soudain, illuminant le bois et le vallon,<br />
La lune bondit dans le ciel, comme un ballon<br />
Sans nacelle dont on aurait coupé l'attache.<br />
<br />
Et Margot la contemple, et, rêveuse, y croit voir<br />
L'homme gibbeux portant comme elle un fagot noir,<br />
Et qui, sur l'astre clair, fait une sombre tache.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Le Fagot</span><br />
<br />
Après avoir cueilli, dans le bois, fraise et mûre,<br />
Margot, la mère-grand s'attelle à son fagot;<br />
Car, la pauvre, n'ayant ni terre ni magot,<br />
Vit d'un labeur pènible, accepté sans murmure.<br />
<br />
Elle a d'ailleurs sa foi chrétienne pour armure,<br />
Et beaucoup de vaillance au cœur, maman Margot;<br />
Et, telle que, sous sa coquille, un escargot,<br />
Elle semble ramper sous son tas de ramure.<br />
<br />
Soudain, illuminant le bois et le vallon,<br />
La lune bondit dans le ciel, comme un ballon<br />
Sans nacelle dont on aurait coupé l'attache.<br />
<br />
Et Margot la contemple, et, rêveuse, y croit voir<br />
L'homme gibbeux portant comme elle un fagot noir,<br />
Et qui, sur l'astre clair, fait une sombre tache.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[La Vipère]]></title>
			<link>https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6517</link>
			<pubDate>Sun, 25 May 2008 09:18:11 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://sonett-forum.de/member.php?action=profile&uid=1">ZaunköniG</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6517</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">La Vipère</span><br />
<br />
Au revers d'un talus calcaire et rocailleux,<br />
Levée aux trois quarts, telle une racine torse,<br />
D'un brun terne, comme un morceau de vieille écorce,<br />
Elle érigeait son crâne aux méplats écailleux.<br />
<br />
Mon chien, un vieux routier, sévère et sourcilleux,<br />
En la voyant se mit à japper avec force,<br />
La babine troussée et le poil broussailleux.<br />
- Or, voulant la tuer sans brûler une amorce,<br />
<br />
Et tandis que ses yeux, en deux éclairs subits,<br />
Dardaient une rougeur sanglante de rubis,<br />
Et qu'elle dressait, sifflant comme une aiglonne,<br />
<br />
Je saisis une gaule, et la cinglai. - Du coup,<br />
Sa tête s'affaissa, râlante sur son cou,<br />
Comme le chapiteau brisé d'une colonne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">La Vipère</span><br />
<br />
Au revers d'un talus calcaire et rocailleux,<br />
Levée aux trois quarts, telle une racine torse,<br />
D'un brun terne, comme un morceau de vieille écorce,<br />
Elle érigeait son crâne aux méplats écailleux.<br />
<br />
Mon chien, un vieux routier, sévère et sourcilleux,<br />
En la voyant se mit à japper avec force,<br />
La babine troussée et le poil broussailleux.<br />
- Or, voulant la tuer sans brûler une amorce,<br />
<br />
Et tandis que ses yeux, en deux éclairs subits,<br />
Dardaient une rougeur sanglante de rubis,<br />
Et qu'elle dressait, sifflant comme une aiglonne,<br />
<br />
Je saisis une gaule, et la cinglai. - Du coup,<br />
Sa tête s'affaissa, râlante sur son cou,<br />
Comme le chapiteau brisé d'une colonne.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Le Busard]]></title>
			<link>https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6516</link>
			<pubDate>Sun, 25 May 2008 09:08:47 +0200</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="https://sonett-forum.de/member.php?action=profile&uid=1">ZaunköniG</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">https://sonett-forum.de/showthread.php?tid=6516</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Le Busard</span><br />
<br />
Comme c'est un rapace et qu'il ressemble à l'aigle,<br />
Bien qu'il se borne à reluquer, dans nos enclos,<br />
Les poules et les coqs piquant avoine ou seigle,<br />
On s'acharne à tuer ce mangeur de mulots.<br />
<br />
On livre son cadavre à quelque bande espiègle<br />
De pâtres montagnards aux sonores esclots;<br />
Et ceux-ci, la tignasse au vent, gais et falots,<br />
Le vont passer de porte en porte. - C'est la règle:<br />
<br />
- Voyez le rapinel, la terreur du canton!<br />
Clament t-ils; et cela leur vaut un rogaton,<br />
Un sou, du lard, des œufs. - Et madame la pie,<br />
<br />
Qui se cache, là-bas, sur un tas de fumier,<br />
Qu'on ne soupçonne pas, que personne n'épie,<br />
Dévore en attendant les poussins du fermier.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">Le Busard</span><br />
<br />
Comme c'est un rapace et qu'il ressemble à l'aigle,<br />
Bien qu'il se borne à reluquer, dans nos enclos,<br />
Les poules et les coqs piquant avoine ou seigle,<br />
On s'acharne à tuer ce mangeur de mulots.<br />
<br />
On livre son cadavre à quelque bande espiègle<br />
De pâtres montagnards aux sonores esclots;<br />
Et ceux-ci, la tignasse au vent, gais et falots,<br />
Le vont passer de porte en porte. - C'est la règle:<br />
<br />
- Voyez le rapinel, la terreur du canton!<br />
Clament t-ils; et cela leur vaut un rogaton,<br />
Un sou, du lard, des œufs. - Et madame la pie,<br />
<br />
Qui se cache, là-bas, sur un tas de fumier,<br />
Qu'on ne soupçonne pas, que personne n'épie,<br />
Dévore en attendant les poussins du fermier.]]></content:encoded>
		</item>
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